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jueves, 4 de agosto de 2022

#press #lgtbi | 40 ans de la dépénalisation de l'homosexualité : la visite d'Elisabeth Borne à Orléans fait débat

France3 / La visite d'Elisabeth Borne à Orléans fait débat //

40 ans de la dépénalisation de l'homosexualité : la visite d'Elisabeth Borne à Orléans fait débat.

Eloïse Gerenton | France3, 2022-08-04

https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/loiret/40-ans-de-la-depenalisation-de-l-homosexualite-la-visite-d-elisabeth-borne-a-orleans-fait-debat-2591760.html
 
Ce jeudi 4 août 2022, 40 ans jour pour jour après la dépénalisation de l'homosexualité en France, la Première ministre s'est rendue à l’association LGBT+ d'Orléans, le GAGL45 (Groupe Action Gay et Lesbien du Loiret). Elisabeth Borne est venue faire des annonces pour la lutte contre les discriminations homosexuelles. Une visite qui s'est faite dans un contexte polémique.

Mercredi 3 août en fin de journée, l'annonce du déplacement d'Elisabeth Borne à Orléans tombait dans les médias. Dans le communiqué émanant de Matignon, on apprend que la Première ministre vient marquer les 40 ans de la dépénalisation de l'homosexualité en France et qu'elle devrait faire des annonces. Cette venue intervient, alors que la situation entre le gouvernement et la communauté LGBT+ est tendue. Une partie de l'opposition de gauche a même interpellé Élisabeth Borne sur la présence de ministres qui "enchaînent les déclarations homophobes et sexistes". Deux députées NUPES ont demandé leur "limogeage" mardi 19 juillet pendant les questions au gouvernement. Ces députées faisaient notamment référence à Caroline Cayeux, la ministre des Collectivités territoriales, et ses propos passés sur le mariage pour tous. Cette dernière, en tentant de faire son mea-culpa, a remis de l'huile sur le feu. En juillet dernier, elle a déclaré qu'elle avait “beaucoup d'amis parmi ces gens-là”. Une phrase qui n'a pas manqué de faire réagir la communauté homosexuelle. La classe politique s'est également insurgée. Des députés et des collègues du gouvernement l'ont vivement critiquée. Face aux réactions, l'élue de 73 ans a de nouveau présenté ses excuses, en jurant qu'elle ne “pensait pas” ce qu'elle avait dit.

Dans ce contexte brûlant, la venue de la Première ministre dans une association LGBT+ a suscité beaucoup de réactions, notamment sur les réseaux sociaux. Sur Twitter une vague de critiques acerbes défilent. "Si c'est pas pour annoncer la démission de Caroline Cayeux, c'est pas la peine de se déplacer" dit un twitto. "Cayeux, Béchu, Darmanin, Lecornu démission" écrit une autre internaute.

"La visite sera mal venue si ça ne débouche pas sur du concret"
Johan Yager est co-président de l'association LGBTI Touraine, et son regard est moins tranché que les internautes "C'est une bonne chose que la Première ministre se déplace à Orléans pour célébrer cet anniversaire historique. En revanche, il faut que son passage aille au-delà des beaux discours, on réclame du fond. Le quinquennat précédant, le Plan national d'actions pour l'égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2020-2023, a été lancé, mais il n'est pas assez poussé. La visite sera mal venue si ça ne débouche pas sur du concret". À quelques kilomètres de Johan Yager, à Orléans, Michel Navion de l'association SOS Homophobie, partage les mêmes idées " En tant que Première ministre, ça visite est nécessaire pour faire oublier les cafouillages de Madame Cayeux , ceci- dit, les actes seraient encore mieux. Les discriminations et l'homophobie restent assez ignoré par le gouvernement."

La nomination d'un " ambassadeur aux droits LGBT+"
Après notre entretien avec Johan Yager et Michel Navion, la Première ministre annonçait lors de son allocution à Orléans, ce jeudi 4 août 2022 qu’un "ambassadeur aux droits LGBT+" serait nommé "avant la fin de l’année". Un fond de trois millions d’euros serait également crée pour financer de nouveaux centres LGBT+.

viernes, 29 de julio de 2022

#press #homosexuels #mariage | Fêtes de Bayonne 2022 : ils se sont dit oui en rouge et blanc

Sud Ouest / Bixente et Yannick //

Fêtes de Bayonne 2022 : ils se sont dit oui en rouge et blanc.

Bixente et Yannick ont choisi d’échanger leurs foulards, ce vendredi 29 juillet, lors d’une cérémonie civile célébrée à la mairie de Bayonne, en plein 90e anniversaire des Fêtes.
Valérie Lacaze | Sud Ouest, 2022-07-29
https://www.sudouest.fr/culture/fetes-de-bayonne/fetes-de-bayonne-2022-ils-se-sont-dit-oui-en-rouge-et-blanc-11811202.php 

Costumes immaculés, cravate et nœud papillon en tissu traditionnel japonais, sneaker tendance… Les deux Bayonnais Bixente et Yannick, ont revêtu leurs plus beaux atours en cette matinée du vendredi 29 juillet, à la mairie de Bayonne où ils ont été unis civilement par Yves Ugalde, adjoint au maire de la Ville.

« Ce mariage aux Fêtes de Bayonne s’est fait un peu par hasard, rembobine Bixente. Je travaille à Tokyo et mon compagnon a décidé de me rejoindre. Pour des questions de visa, il était plus facile que nous soyons mariés. Nous avons donc décidé de nous unir. »

Bayonne au cœur
Pas question pour le couple de faire une cérémonie en tout petit comité, ils ont à cœur d’inviter la famille et quelques amis présents durant l’été au Pays basque. Le compte à rebours est enclenché, il leur reste environ deux mois pour organiser cérémonie et réception. « Nous sommes bayonnais, nous nous sommes dit autant profiter d’une fête déjà existante pour célébrer la nôtre, alors pourquoi pas les Fêtes ? »

Le plus compliqué finalement a été de trouver un restaurant qui accepte de recevoir une cinquantaine de personnes dans un endroit privatisé pour eux. Encore une fois, le défi est relevé, le Basa accepter de les recevoir dans son cadre enchanteur. Les mariés sont ravis ! « Après avoir échangé symboliquement nos foulards ce matin en mairie, nous allons ouvrir le bal vers 19 heures au mutxiko avant le poteo à la peña Oilaskoak », détaille Yannick.

Une belle journée aux couleurs de Bayonne et du Japon qui devrait être suivie d’une autre dans cinq ans durant laquelle le couple se passera la bague au doigt entouré de leurs familles et leurs nombreux amis !

martes, 23 de marzo de 2021

#hemeroteca #trans #inmemoriam | Décès à 99 ans de Robina Asti, pilote trans de la Seconde Guerre mondiale et militante LGBT+

Photo: Komitid / Robina Asti

Décès à 99 ans de Robina Asti, pilote trans de la Seconde Guerre mondiale et militante LGBT+.

Komitid, 2021-03-23

https://www.komitid.fr/2021/03/23/deces-a-99-ans-de-robina-asti-pilote-trans-de-la-seconde-guerre-mondiale-et-militante-lgbt/ 

C’est dans son sommeil que s’est éteinte à 99 ans, Robina Asti, une pilote trans de Seconde Guerre Mondiale et une militante LGBT+. Elle avait créé, il y a quelques années, la Cloud Dancers Foundation dans le but de lever des fonds pour aider les personnes âgées et les sans-abris discriminés sur la base de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre.

Robina Asti, une femme trans américaine qui a volé en mission en tant que pilote pendant la Seconde Guerre mondiale est décédée de sa belle mort à l’âge de 99 ans, vendredi 12 mars. Robina Asti aurait fêté son 100e anniversaire le 7 avril prochain. Robina Asti a commencé sa transition dans les années 1970 et est devenu une fervente militante des droits LGBTI+.

«Robina Asti a vécu sa vie pleinement et dans des couleurs vives. La gamine de New York a grandi pour chasser les arcs-en-ciel, les ouragans et voyager à travers les montagnes violettes en tant qu’aviatrice. Elle a travaillé avec des artistes et des dirigeants politiques et en tant que militante pour la communauté LGBT+», a déclaré sa fille Coca Astey pour le média LGBT+ Out.

Robina Asti est née en 1921 et a pris conscience de sa transidentité durant son enfance et ensuite à l’âge adulte. Elle a vécu une longue vie de bravoure, de famille et d’activisme.

Elle a cofondé avec son petit-fils Erik Hummell la Cloud Dancers Foundation qui a pour but d’aider les personnes âgées et LGBTI+ ainsi que les jeunes sans-abris. Elle se veut aussi de rendre visible l’invisible et d’encourager tout le monde à «embrasser son moi authentique pour vivre pleinement sa vie».

En tant que jeune pilote durant la Seconde Guerre mondiale, Robina Asti a été envoyée en mission et a piloté des avions de combat. La Marine l’a promue au poste de pilote d’essai, un travail exigeant et dangereux réservé aux meilleurs aviateur·rices.

Après sa carrière de militaire, Robina Asti a fondé sa famille et attendu l’âge de 40 ans pour se marier. Le décès inattendu de son fils de neuf ans a été un moment charnière de sa vie et a fait remonter à la surface sa dysphorie de genre non résolu depuis son enfance. Robina Asti a reçu beaucoup de soutiens et de conseils par sa femme et mère de ses enfants concernant sa transition.

Robina Asti a ensuite rencontré son futur mari, Norwood Patton, quelques années plus tard. Ils ont commencé à se fréquenter peu de temps après que Robina Asti lui a raconté tout son parcours de vie.

Le couple s’est marié en 2004 et ils sont restés ensemble jusqu’à la mort de Norwood Patton à l’âge de 97 ans en 2014. C’est à ce moment-là que le combat militant de Robian Asti s’est renforcé. Elle a fait son coming out trans et après une longue bataille, elle a forcé le gouvernement américain à mettre à jour ses politiques et procédures relatives aux prestations de survivant·e pour les conjoint·es trans. Elle est ensuite devenue une conférencière prisée et a donnée beaucoup de conseils à la jeune génération de militant·es trans.

«À 98 ans, elle a fondé la Cloud Dancers Foundation parce qu’elle ressentait profondément que les aînés LGBT+ étaient traités comme des “marcheurs invisibles” et voulait changer la façon dont les gens les percevaient eux et les autres dans la communauté LGBT+», a déclaré Coca Astey.

viernes, 6 de abril de 2018

#hemeroteca #violencia #memoria | Koldobika Jauregi: “La escultura no ensalza a ETA; simboliza la paz”

Koldobika Jauregiren 'Aizkora eta arbola'
Koldobika Jauregi: “La escultura no ensalza a ETA; simboliza la paz”.
El autor de ‘Arbolaren Egia’ se defiende de las acusaciones de Covite.
Imanol Fradua | Deia, 2018-04-06
http://www.deia.eus/2018/04/06/politica/euskadi/la-escultura-no-ensalza-a-eta-simboliza-la-paz

“Entristecido” por la polémica generada por una obra suya, denominada ‘Arbolaren Egia’ –‘La Verdad del Árbol’- y que conmemorará este domingo el primer aniversario del desarme de ETA, el artista guipuzcoano Koldobika Jauregi (Alkiza, 1959) se defiende de las acusaciones de Covite por la “afrenta” que dicen sentir. Jauregi reconoce que el hacha invertida que centra su escultura hace alusión a la banda, que tiene esa herramienta en su anagrama, junto con la serpiente. Pero asegura que no lo hace para exaltarlo sino que busca “todo lo contrario”. Persigue criticar simbólicamente a través del hacha “que jamás debía de haber surgido”.

El hacha invertida, que ejerce de tronco del árbol que Jauregi ha diseñado en una escultura de grandes proporciones con 8 metros de altura y cuatro de ancho, ha sido la mecha que ha prendido la polémica. Sobre todo, porque ETA la eligió como símbolo para su anagrama, junto a la serpiente enroscada al hacha, un emblema que fue diseñado en los 60 por Félix Likiniano.

Covite, junto a ACFSEVT -que agrupa a afectados de las Fuerzas de Seguridad estatales-, ha instado al Gobierno de Mariano Rajoy “a desplegar su aparato diplomático y presionar al Gobierno de Francia para que repruebe” la instalación de la escultura en la explanada Roland Barthes. Es más, se cuestionó si el país galo “aceptaría que se colocara una esvástica invertida para conmemorar el final del Holocausto”.

“No he intentado provocar a nadie ni hacer afrenta ninguna”, afirma por su parte el escultor en conversación con Deia y a renglón seguido critica que “hacer del hacha un elemento negativo y pecaminoso, me parece un total disparate”. Asimismo, asevera que “se puede mencionar a ETA en muchas maneras, y de la forma que lo menciono no es positiva, sino que es una crítica negativa de que esa historia se ha acabado, aunque algunos parecen que quieran alargarlo”.

Jauregi relata cómo surgió la opción de diseñar la escultura que recordará el primer aniversario del desarme de ETA, producido el 8 de abril de 2017 y en el que los denominados ‘Artesanos de la Paz’ tuvieron una participación capital. “Se pusieron en contacto conmigo porque querían hacer una imagen. Me vino enseguida a la cabeza el diseño de un hacha que no se tenía que haber levantado... De ese mango crece un árbol, todo simbólico”. Fue después cuando el proyecto tomó cuerpo. “Me dijeron que les había gustado tanto que querían una escultura que se reconociese como símbolo de paz”. Fue presentado en el Ayuntamiento de Baiona que está regido por el alcalde Jean-René Etchegaray. Jauregi recuerda el momento preciso. Se levantó y me dijo, ¿pero usted qué tiene que ver con todo esto? Era una buena pregunta. Dije que lo único que sé es que este problema empezó cuando nací, hace 59 años. Y he visto toda mi vida la violencia; no quiero más violencia, estoy harto. Esto es lo que quiero, y si puedo colaborar y todos estáis de acuerdo, lo vamos a hacer”, remarca.

Sensibilidad en Iparralde
Sin querer entrar en el ámbito de la política, Jauregi sí que elogia el papel que Iparralde está adoptando en cuanto a la convivencia, con una mayoría a favor de dar paso a la paz, mientras que en Hegoalde y el Estado español todavía está anclada en las disputas. Jauregi confiesa que las críticas no solo le han llegado desde el ámbito de los colectivos de víctimas, sino que en algunos casos, y a título personal, también le han llegado desde la izquierda abertzale. “Cada uno ve lo que quiere, pero la sociedad elige la paz, construir un árbol para la paz”, zanja, sabedor de que una obra artística siempre está sujeta a críticas. Reconoce que le incomoda esta polémica pero al mismo tiempo asegura que “volvería a hacer lo mismo”. Su obra, apostilla, “tiene un valor simbólico muy grande, pero más como elemento de la paz que estamos tratando”. Su escultura, concluye, dejará de ser suya “para ser de la sociedad civil”.


La floraison de la paix représentée dans une sculpture à Bayonne.
Une oeuvre en acier et fer forgé de 8 mètres de haut représentera le désarmement d’ETA à Bayonne. Elle sera inaugurée le 8 avril.
Mediabask | Naiz, 2018-03-12
https://mediabask.naiz.eus/eu/info_mbsk/20180312/la-floraison-de-la-paix-representee-dan-une-sculpture-a-bayonne

L’artiste Koldobika Jauregi a dessiné "Aizkora eta Arbola" ('la hache et l’arbre', en basque) dans un souci de transmission aux générations futures de l’esprit du désarmement d’ETA, dans lequel la société civile a eu un rôle important. Un an après, l’oeuvre prendra une nouvelle forme : un sculpture en acier corten et en fer forgé, de 4 m x 8 m.

Elle sera inaugurée prochainement à Bayonne. Pour cela, Bake Bidea souhaite recueillir les fonds nécessaires pour une telle installation — qui bénéficie de l’accord de la mairie —, à travers une campagne de mécénat. Les détails sont dans le site du mouvement citoyen pour la paix.

A travers ce projet, il souhaite laisser une trace de ce désarmement dont le succès a été possible grâce à l’implication de tout un chacun. "Parce qu’il n’est pas toujours évident de transcrire ces ressentis et ces sensations par des mots, parce que ces derniers peuvent limiter ou trahir le vécu, ou simplement parce que d’autres voies permettent de les exprimer, le sculpteur Koldobika Jauregi a proposé de symboliser cette étape par le biais d’une œuvre intitulée 'Aizkora eta arbola'", explique Bake Bidea. L’oeuvre développe la métaphore de la floraison de la paix par l’enterrement de la hache. Le quotidien Gara en avait fait sa une le lendemain du désarmement de Bayonne.

jueves, 28 de diciembre de 2017

#hemeroteque #photographie | David LaChapelle, entre provocation et mysticisme, à Mons

Image: Connaissance des arts / 'Last Supper', David LaChapelle, 2003
David LaChapelle, entre provocation et mysticisme, à Mons.
Guillaule Morel | Connaissance des arts, 2017-12-28
https://www.connaissancedesarts.com/photo/david-lachapelle-entre-provocation-et-mysticisme-mons-1184492/

Jusqu'au 25 février, le BAM, musée des Beaux-Arts de Mons, met à l'honneur le photographe et réalisateur américain David LaChapelle avec l'exposition “After the Deluge”.

Le photographe et réalisateur américain David LaChapelle se serait-il assagi? C’est ce que pourrait laisser penser cette exposition d’une centaine d’œuvres, conçue en deux grandes parties. La première évoque la réputation sulfureuse de l’artiste, ses images saturées de couleur où se mélangent humour, glamour et érotisme, références à la pop culture, à l’histoire de l’art et à l’iconographie religieuse (sa fameuse réinterprétation de ‘La Cène’, en 2003). La seconde, centrée sur la décennie 2007-2017, révèle une autre facette de son travail, moins superficielle, empreinte d’un certain mysticisme. Le basculement eut lieu en 2006, lorsque ­David LaChapelle découvrit à Rome les splendeurs de la chapelle Sixtine, peinte par Michel-Ange. Un choc esthétique qui marquera ensuite toutes ses créations, du monumental ‘Déluge’ à ses photographies les plus récentes, où l’homme s’efface au profit de la nature.

lunes, 22 de mayo de 2017

#books #homoeroticism | Tom of Finland : the Complete Kake Comics

Tom of Finland : the Complete Kake Comics / Dian Hanson (ed.).
Köln : Taschen, 2017 [05-22].
704 p. : il.
ISBN 9783836550512 / 15 €
Ed. plurilingüe alemán, francés e inglés

/ DE / EN / FR / Cómic
/ Estereotipos / Gais / Homoerotismo / Homosexualidad / Iconos / Masculinidad / Sexo / Tom de Finlandia

Las aventuras completas de Kake, el moreno con bigote y ropa de cuero creado por Tom de Finlandia, que recorría el mundo con su moto para sembrar las semillas del sexo gay liberado, tan satisfactorio como extáticamente explícito. Disfrute de las fantasías personales de Tom en estos 26 episodios de mostachos, músculos y libido liberada, convertidos ahora en algunos de los dibujos animados más famosos en la historia del arte gay.

En 1965, Tom of Finland comenzó a coquetear con la idea de crear un personaje fijo para sus tiras cómicas, el "hombre de Tom" por excelencia. Probó con un rubio llamado Vicky —un nombre masculino común en Finlandia—, y después vino Jack, inspirado en Tarzán. Más tarde, en 1968, Tom se centró en Kake, un moreno con bigote y ropa de cuero que a menudo vestía una camiseta blanca ajustada en la que se podía leer "Fucker". Kake hizo honor a ese lema y se erigió en una especie de hombretón hipermasculino post-Stonewall que recorría el mundo con su moto para sembrar las semillas del sexo gay liberado, tan satisfactorio como extáticamente explícito. Tom vivió muchas de sus fantasías más personales a través de Kake, y los fans internacionales de Kake hicieron de él el modelo de lo que llegaría a ser conocido como el ‘look’ gay por excelencia de la década de 1970.

Entre 1968 y 1986, Tom publicó 26 episodios de las aventuras de Kake, la mayoría en forma de cuadernillos de 20 páginas. Ahora las 26 historias han sido compiladas en un libro, ‘Tom of Finland - The Complete Kake Comics’. El lector podrá rememorar con Kake los días en que los hombres eran hombres, el sexo se practicaba de forma despreocupada y todos lucían un gran mostacho tupido.

Touko Laaksonen, el niño que había de convertirse en Tom of Finland (1920-1991), comenzó a dibujar caricaturas a los cinco años. Sus temas favoritos eran los rudos hombres viriles de su Finlandia natal, ya que Touko supo desde una tierna edad que los hombres le interesaban más que las mujeres. Su talento fue perfeccionado estudiando arte en Helsinki. Tuvo éxito en la industria publicitaria finlandesa, pero continuó creando en secreto sus dibujos cada vez más eróticos de hombres hipermasculinos. En 1957 envió algunos a la revista norteamericana ‘Physique Pictoria’l y nació la leyenda ‘Tom of Finland’. A fines de los años 1960, los ‘dibujos cochinos’ de Tom se habían convertido en el estándar del arte gay y los hombres de Tom en modelos de una nueva masculinidad homosexual. El arte de Tom sigue jugando un rol importante en promover la autoconfianza, una imagen positiva y una mentalidad abierta en la comunidad gay.

Dian Hanson produjo diversas revistas para hombres entre 1976 y 2001, como ‘Juggs’, ‘Outlaw Biker’ y ‘Leg Show’, antes de convertirse en editora de la colección Sexy Books de Taschen. Entre sus títulos se encuentra la serie dedicada a partes del cuerpo, ‘The Art of Pin-up’, ‘Psychedelic Sex’ y ‘Ren Hang’.

jueves, 1 de diciembre de 2016

#libros #catalogos #vestimenta | Tenue correcte exigée : quand le vêtement fait scandale

Tenue correcte exigée : quand le vêtement fait scandale / sous la direction de Denis Bruna.
Paris : Musée des Arts Décoratifs, 2016 [12-01].
216 p.
ISBN 978916914640 / 49 €

/ FR / Catálogos
/ Cuerpos / Historia / Moda / Vestimenta

Pourquoi faut-il repasser ses vêtements? Depuis quand les femmes ont-elles le droit de porter un pantalon? L’homme peut-il se maquiller? Du XIVe siècle à nos jours, ce livre offre une traversée de l’Histoire par les vêtements qui ont fait scandale. On y apprendra qu’il ne faut pas s’habiller trop court, mais pas non plus trop long, que les vêtements trop amples choquent plus que les tenues trop moulantes, que déchirer son vêtement n’est pas l’apanage des adolescents d’aujourd’hui. Les hommes en jupe et les femmes s’habillant en homme s’exposent à des critiques dont les racines profondes remontent à des interdits bibliques dont la société occidentale reste imprégnée.

miércoles, 30 de noviembre de 2016

#livres #photographie | Vera y Victoria

Vera y Victoria / photographies et textes, Mar Sáez.
Roquevaire, France : André Frère Éditions, 2016 [11].
80 p.
Ed. français – anglais.
ISBN 9791092265552 / 25 €

/ FR / EN / Fotografía
/ Amores / Lesbianismo / Mujeres / Parejas / Testimonios / Transexualidad

Vera a avoué à Victoria qu’elle était transsexuelle le jour où elles s’embrassèrent pour la première fois, c’était dans un parc. Cette révélation n’a rien changé à leur attirance respective, et au cours des quatre années où elles vécurent ensemble, elles s’aimèrent comme elles n’avaient jamais aimé auparavant.

Durant cette période, Vera et Victoria n’étaient plus deux personnes distinctes, elles ne furent plus qu’une et construisirent une maison ensemble, emplie de rêves et de projets d’avenir. Vera et Victoria restèrent indifférentes au regard que l’on pouvait porter sur leur relation, et s’adonnèrent complètement à leur amour et à leur passion.

Le livre prend la forme d’un journal visuel, réalisé entre 2012 et 2016 à travers lequel l’auteur Mar Sáez tente de pénétrer puis de décrire l’univers intime de Vera et Victoria. L’univers d’une relation amoureuse très intense à travers lequel de nouvelles facettes des rapports dans le couple ont émergées. Pas mieux, pas pire, que pour un autre type de couple.

Mar Sáez est une jeune photographe espagnol, elle est basée à Madrid, en 2015, elle collabore avec le Musée Reina Sofia en master d’histoire de l’art contemporain. Dans ces derniers projets, elle étudie la question très actuelle du genre.

miércoles, 22 de junio de 2016

#libros #fotografia #travestismo | Mauvais genre : les travestis à travers un siècle de photographie amateur

Mauvais genre : les travestis à travers un siècle de photographie amateur / Sébastien Lifshitz ; textes de Christine Bard et Isabelle Bonnet.
Paris : Les éditions Textuel, 2016 [06-22].
248 p.
ISBN 9782845975569 / 45 €

/ FR / ENS
/ Fotografía / Género / Historia / Identidades / Rol según el sexo / Transgénero / Travestismo / Vestimenta

‘Mauvais Genre’ présente des hommes et des femmes revêtant les attributs vestimentaires du sexe opposé. Prises dans un studio photographique à la fin du XIXe siècle ou dans les coulisses des cabarets des années 30, dans l’intimité de la chambre ou sous le flash d’un appareil Polaroid, sagement posées ou complètement délurées, ces photographies constituent un corpus aussi insolite que précieux. Chinées aux puces et sur internet par Sébastien Lifshitz, ces images racontent des identités chahutées qui ont trouvé dans la transgression vestimentaire l’instrument de leur liberté. Elles rappellent aussi à quel point (et avec quel poids) le costume a reflété l’ordre social et normatif assignant à chacun son rôle selon son sexe. Trouble dans le genre, plaisir du travestissement, beauté saisissante et familière du snapshot… les auteurs de ce livre nous éclairent sur ce pan méconnu, souvent tu, des représentations hommes/femmes, au carrefour de la vie privée, de l’histoire de l’homosexualité et du militantisme féministe. 

Sébastien Lifshitz est cinéaste, auteur notamment de: ‘Les Invisibles’ (2012, César du meilleur film documentaire), ‘Bambi’ (2013) et ‘Les Vies de Thérèse’ (2016). Il est collectionneur de photographie amateur depuis une vingtaine d’années.

Christine Bard est professeure d’histoire contemporaine à l’Université d’Angers, membre du CERHIO. Spécialiste de l’histoire des femmes et du féminisme, elle travaille, entre autres, sur le genre des apparences (Une histoire politique du pantalon ; Ce que soulève la jupe). 

Isabelle Bonnet a travaillé dans la photographie de mode avant de poursuivre des études d’histoire de l’art. Sous la direction de Michel Poivert, ses recherches ont notamment porté sur les photographies des travestis de la Casa Susanna.

miércoles, 30 de marzo de 2016

#presse #homophobie | Abdellah Taïa : «Le problème de l'homophobie au Maroc n'est pas religieux mais politique»

Abdellah Taïa : «Le problème de l'homophobie au Maroc n'est pas religieux mais politique».
Selon l'écrivain, premier Marocain à avoir révélé publiquement son homosexualité, l'homophobie écrasante dans ce pays est plus une volonté politique qu'une réalité impulsée par la religion musulmane.
Dounia Hadni | Libération, 2016-03-30
http://www.liberation.fr/planete/2016/03/30/abdellah-taia-le-probleme-de-l-homophobie-au-maroc-n-est-pas-religieux-mais-politique_1442819

Cette agression homophobe suivie par la condamnation de l’une de ses victimes vous choque-t-elle ?

Cela ne me surprend pas du tout puisque l’homosexualité est considérée comme un crime au Maroc, passible de trois ans de prison. Ce qui s’est passé obéit bel et bien à une logique implacable. Il y a eu plusieurs cas de cet ordre en 2015 comme la condamnation de deux présumés homosexuels de la Tour Hassan, l’homme soupçonné d’être homosexuel passé à tabac à Fès, trois ans de prison ferme pour un mécanicien et son amant surpris «en flagrant délit» d’homosexualité à Taourirt, dans le nord-est du Maroc, dans son garage… Rien de nouveau de ce côté-là.

Cela dit, c’est la banalisation de la violence contre les homosexuels marocains dans leur pays qui me révolte et me chagrine profondément. Là, non seulement on les a agressés, mais en plus on les a jetés en pâture sur les réseaux sociaux… L’été dernier, à Casablanca, un homme soupçonné d’être gay à cause de sa façon de s’habiller a été déshabillé en pleine rue par une horde de personnes. Ces situations de violence sont de plus en plus fréquentes, un peu comme le kidnapping à la mexicaine.

Quelles sont les réactions homophobes les plus récurrentes ?

L’opinion publique condamne officiellement l’homosexualité : on entend souvent des remarques de type : «Ils l’ont bien cherché» ou encore «Ils n’avaient qu’à ne pas être homosexuels». En filigrane, c’est le statut de la victime au Maroc, au-delà de l’homosexualité, qui doit être remis en question, à savoir comment celle-ci est considérée aux yeux de la loi.

Pour atténuer la gravité des actes des agresseurs des victimes comme c’est le cas pour ceux du couple homosexuel de Béni Mellal, on s’appuie sur la religion en sous-entendant que ces derniers défendent l’honneur du Maroc et des Marocains des invasions politiquement correctes occidentales et qu’en ce sens, leurs actes sont légitimes et donc pas si graves. Mais ce qui me rend encore plus triste et inquiet, c’est le silence assourdissant des responsables politiques marocains…

Comment expliquez-vous justement ce silence des responsables politiques marocains ?

Ce silence montre à quel point l’homophobie au Maroc est une question politique. Je pense que les responsables politiques préfèrent rester dans le déni de ces questions pour ne pas véhiculer une mauvaise image du Maroc. Je pense aussi qu’ils ont peur que les remarques néocolonialistes rejaillissent du côté de l’Occident, de type «On avait raison, c’est bien des sauvages».

Mais en évitant de condamner les agressions homophobes, les responsables politiques les encouragent de fait, tout en provoquant un sentiment d’abandon chez les jeunes marocains en leur renvoyant l’idée qu’ils ne sont pas protégés.

Vous avez été le premier Marocain à avoir revendiqué votre homosexualité publiquement, c’était en janvier 2006. Dix ans après, quel est votre sentiment par rapport à l’évolution de la cause homosexuelle dans ce pays ?

Le principal changement que j’observe, il est du côté de la société civile et des journalistes. La cause homosexuelle est très présente dans le débat public. Et c’est une très bonne chose. Aujourd’hui, le collectif Aswat, pour la défense des droits des LGBT, a émergé et s’affirme même s’il reste très peu relayé par les associations marocaines des droits de l’homme. Celles-ci ne réagissent que lorsqu’il y a des agressions de ce type parce que, dans leur esprit, le Maroc n’est pas prêt. Ils ne comprennent pas qu’il faut initier quelque chose pour faire bouger les lignes, que c’est la seule façon de les faire évoluer.

Parmi les autres changements importants que je note, à titre personnel : le fait que mes livres soient tous distribués au Maroc, que mon film tiré d’un de mes livres, l’Armée du Salut, ait été tourné au Maroc et diffusé dans le cadre du festival de cinéma de Tanger, même s’il a été très mal accueilli et raillé.

De façon encore plus significative : le fait que le mot arabe «Mythli» («comme moi») qui désigne un homosexuel, sans aucune connotation péjorative, s’impose de plus en plus notamment dans les médias. Sans oublier les réseaux sociaux, qui facilitent l’expression des minorités sexuelles au Maroc.

Oui, pour autant, il n’y a eu aucun changement dans la loi. Que répondez-vous à ceux qui relient l’homophobie prégnante au Maroc au fait qu’il s’agisse d’un pays musulman qui plus est, sous la houlette d’un gouvernement islamiste ?

Justifier l’homophobie par l’islam ou y voir un lien direct avec la religion est réducteur et simpliste d’autant plus que l’homosexualité est condamnée par toutes les religions et pas seulement par l’islam. Pour moi, l’origine de ce mal est foncièrement politique. L’homophobie et la condamnation des homosexuels existaient bien avant que le gouvernement islamiste [Le Parti de la justice et du développement, ndlr] prenne le pouvoir au Maroc. La seule différence est que cette cause est davantage médiatisée aujourd’hui.

En tant que musulman et homosexuel, je fabrique mon propre rapport intime à cette religion. Pour moi, c’est comme cela qu’on doit comprendre la religion, sinon on considère les musulmans comme des analphabètes, des arriérés, ce qui pour moi est terrible et stérile.

Il faut bien avoir à l’esprit que ces amalgames font le jeu de tout le monde. Dans un premier temps, ils confortent les politiques marocains dans la confiscation de la liberté politique de toutes les minorités en situation de revendiquer leurs droits au Maroc. Dans un second temps, ils participent à projeter dans le combat des homosexuels marocains une sorte de contamination colonialo-orientaliste, ce qui renforce d’ailleurs ces mêmes fantasmes, du côté de l’Occident.

miércoles, 14 de octubre de 2015

#hemeroteca #intersexualidad | Francia tendrá a la primera persona con sexo neutro por sentencia judicial


Imagen: 20 Minutes
Francia tendrá a la primera persona con sexo neutro por sentencia judicial.
Está casado y es padre de un niño adoptado, por lo que ha preferido mantener su identidad en el anonimato. Acudió al fiscal tras 64 años de "sufrimiento" y convencido de ser una persona "intersexual". Nació con una "vagina rudimentaria" y con un "micropene", según su médico.
Susana Gonzalo | 20 Minutos, 2015-10-14
http://www.20minutos.es/noticia/2579525/0/francia-admite-primera/vez-cambio-sexo/neutro-registro-civil/
 
Lleva 64 años mostrando un documento de identidad en el que puede leerse sexo: masculino. Pero una resolución judicial dictada el 20 de agosto por un tribunal de Tours, en la región del Loira (Francia) va a cambiar radicalmente su vida, tal y como ha publicado en exclusiva 20minutos Francia. 

Este hombre, que ha preferido mantener el anonimato para que el fallo judicial no altere su vida cotidiana (está casado y es padre adoptivo), podrá cambiar su sexo en el registro civil. Por primera vez en la historia de la Unión Europea, alguien marcará la casilla de género "neutro", tal y como determina el juzgado de familia que ha dictado la sentencia. 

Según explica el doctor que lleva su caso, esta persona nació con "una vagina rudimentaria" y un "micropene", pero "sin testículos". En ese momento se decidió inscribirle como hombre en el registro civil. Han pasado 64 años desde entonces, pero ya siendo un adolescente él lo tenía claro: "Cuando era adolescente me di cuenta de que yo no era un nño. Mis músculos no se fortalecían y no tenía barba", ha contado al rotativo francés. 

Vivir con dos sexos
"Yo soy la prueba de que se puede vivir con los dos sexos", en una situación de "indeterminación", ha contado el afectado. Pero "es la sociedad la que tiene que admitirlo y reconocerlo". 

Entre otras revelaciones que ha realizado al diario francés admite que fue a los 12 años cuadno se dio cuenta de su estado diferente, y que incluso su padre también lo apreció. A los 35 empezó a hormonarse por decisión médica. Hoy se define como una persona "intersexual". 

Por su parte, el fiscal que ha llevado el caso ha explicado que el afectado acudió a verle en junio, con "toda la documentación clínica" que sustentaba su caso y en busca de una solución porque "estaba sufriendo mucho". Respuesta que ha llegado en forma de sentencia pionera en el país vecino. 

El primer caso ocurrido en el mundo fue en Nueva Gales del Sur, en Australia, en 2010. Norrie May-Welby nació como hombre, cambió a mujer, pero finalmente no se identificaba con ninguno de ellos.


Personne intersexuée: «Je suis la preuve indubitable que l’on peut vivre avec deux sexes».
Née avec des organes génitaux masculins et féminins, cette personne vient d’obtenir, de la justice, le droit de faire apposer la mention « sexe neutre » sur son état civil.
Vincent Vantighem | 20 Minutes, 2015-10-14
http://www.20minutes.fr/societe/1707979-20151014-personne-intersexuee-preuve-indubitable-peut-vivre-deux-sexes

Dans sa requête, il a expliqué que «ses organes génitaux ne correspondent pas à la norme habituelle de l’anatomie masculine ou féminine» et qu’il ne se sent «ni homme ni femme». A 64 ans, une personne intersexuée, née avec un «vagin rudimentaire» et un «micropénis», vient d’obtenir du tribunal de grande instance de Tours (Indre-et-Loire) le droit de faire apposer la mention « sexe : neutre » sur son état civil. Si le parquet a immédiatement fait appel de cette décision, elle ne cache pas qu’elle a enfin le sentiment d’être reconnue pour ce qu’elle est. 

A quel âge avez-vous pris conscience que vous étiez intersexué ?
A l’âge de 12 ans. Mon père m’a expliqué que je n’étais pas « normal », pas comme les autres. Il m’a dit : « u n’as pas de sexe». A l’époque, cela impliquait que je ne pouvais plus prendre modèle sur lui et ne plus espérer devenir, un jour, comme lui. Je n’ai pas eu d’adolescence. Je n’ai pas de testicule, pas d’hormone masculine qui circule dans mon corps. Ni féminine d’ailleurs. Donc, je suis resté sans changement. Je suis un enfant qui a grandi sans les transformations de la puberté. 

Vous en avez beaucoup souffert durant votre adolescence ?
J’ai d’abord compris que je n’étais pas un garçon. Je n’étais pas comme mes frères. Je n’avais pas de barbe qui me poussait. Mes muscles ne se renforçaient pas. Je voyais tous mes copains se transformer alors que moi, pas du tout. Donc je voyais bien que je n’étais pas un homme. Et en même temps, il m’était impossible de croire que j’allais devenir une femme. Je n’avais pas de seins, non plus. 

Donc pendant tout ce temps, j’ai été élevé comme un garçon. Mais je me suis aperçu, en grandissant, que les gens me prenaient de plus en plus souvent pour une fille. Ça me déstabilisait complètement et je n’osais plus sortir dans la rue. C’était terrible parce que je ne comprenais pas, à ce moment là, que j’étais une personne intersexuée. Quand je l’ai compris, ça a été une révolution! 

Avez-vous subi un traitement hormonal ?
Oui. A l’âge de 35 ans, les médecins ont pointé du doigt le risque d’ostéoporose fréquent chez les personnes intersexuées. Ils ont fait pression pour que je prenne de la testostérone. Probablement parce que j'étais inscrit comme étant de sexe masculin sur mes papiers. Ça a été un choc. Mon apparence s’est masculinisée. Mais ça a produit des changements que je n’ai pas reconnus comme étant mes changements. C’était comme un viol constant. Ça m’a permis de me rendre compte que je n’étais ni homme, ni femme. 

Quels problèmes avez-vous rencontré dans la vie quotidienne ?
Je n’ai jamais été tabassé parce que j’ai toujours adopté un profil bas. Mon but était de ne pas me faire remarquer. Mon problème, c’est que je me faisais quand même remarquer car j’avais un air bizarre. Alors que pour moi, j’avais l’air tout à fait normal ! Mon plus gros problème, c’est que je n’ai pas pu démarrer de sexualité. Je n’ai jamais pu entrer dans ce jeu universel de séduction. 

Vous vous êtes tout de même marié et vous avez adopté un enfant…
Oui, j’ai pu avoir une vie de couple. Mais j’ai toujours conscience du caractère artificiel de ma posture d'homme. Il suffit que je regarde mon corps dans le miroir et je le vois bien : je ne suis pas un homme ! Le pénis n’est pas celui d’un homme. Je n’ai pas de testicule. 

C’est pour cela que vous avez saisi la justice?
J’ai 64 ans. Ma vie s’est déjà construite mais je sens que je ne serai jamais en paix sans la reconnaissance de ce que je suis réellement. Je ne suis pas de sexe masculin ni de sexe féminin, je suis une personne intersexuée, comme beaucoup d'autres d'ailleurs.

Aujourd’hui, les bébés qui naissent avec les deux sexes sont opérés. Ce sont des opérations chirurgicales mutilantes associées à des traitements hormonaux, par lesquels, on tente, arbitrairement, de choisir un sexe masculin ou féminin à des nouveaux-nés. J’ai, moi, la chance de ne pas avoir été opéré. Je suis pour ainsi dire la preuve indubitable que l’on peut vivre avec deux sexes. 

Que représente cette décision de justice pour vous?
Je veux rester anonyme. Je vais donc continuer la même vie avec les mêmes activités. Ça change au niveau de mon ressenti intérieur. Pour la première fois, j’ai l’impression d’être reconnu par la société tel que je suis, sans être obligé de jouer le rôle de… ou de… Cela n’a jamais été le cas. 

Vous tenez à rester anonyme. Mais envisagez-vous de changer de prénom pour faire valoir votre état civil « neutre » ?
C’est drôle car dans ma famille, de nombreuses personnes portent un prénom mixte. Mais pas moi. J’ai un prénom masculin. Et cela fait partie de mon identité aujourd’hui. Ce serait beaucoup de travail d’en changer. Donc, non, je ne désire pas changer de prénom.

DOCUMENTACIÓN
Une personne de «sexe neutre» reconnue par l'état civil
Vincent Vantighem | 20 Minutes, 2015-10-14

http://www.20minutes.fr/societe/1707543-20151014-ni-homme-ni-femme-personne-intersexuee-obtient-droit-etre-sexe-neutre-etat-civil
Por primera vez, Francia reconoce el 'sexo neutro'
El Mundo, 2015-10-14

http://www.elmundo.es/sociedad/2015/10/14/561e6192ca474157298b4658.html

lunes, 13 de julio de 2015

#recursoselectronicos #tesis #liteartura #queer | De l'homosexuel au queer : art et différence dans l'oeuvre de Michel Tremblay

De l'homosexuel au queer [Recurso electrónico] : art et différence dans l'oeuvre de Michel Tremblay / Esther Gabiola Arrizubieta ; Ana Monleón Domínguez (dir.).
Tesis Universitat de València, Departamento de Filología Francesa e Italiana. Fecha defensa: 2015-07-13.
/ FR / Tesis / RE / Open Access
/ Canadá / Literatura / Homosexualidad / Identidad sexual / Marginalidad / Michel Tremblay / Quebec / Queer / Travestis
TEXTO COMPLETO | Roderic · UVEG
http://roderic.uv.es/handle/10550/45629

El objetivo de esta tesis es mostrar la interacción entre sexualidades minoritarias y arte en la obra del escritor quebequés Michel Tremblay. Basándonos en un corpus en que se habla de amores gais, hemos querido plantear la existencia misma del género literario gay y describir sus características, para analizar a continuación el rol de la presencia del arte en esta obra donde los personajes conviven en los márgenes sociales. Desde el punto de vista lingüístico, los intercambios entre sus personajes ya dejan al descubierto un primer marcador de marginalidad.

En efecto, se trata de hablantes francófonos del dialecto quebequés, el joual, denostado por la clase burguesa de una comunidad que hasta hace poco era considerada como la “prima pobre” de Francia. Esta inferioridad cultural se complementa, por otra parte con la inferioridad social de los francófonos con respecto a los anglófonos del Quebec en particular y del Canadá en general puesto que el poder económico está en manos de éstos últimos. Por ello, y sólo por el hecho de hablar, los personajes de Tremblay son ejemplos de precariedad identitaria.

Por otra parte, todo este universo poblado de antihéroes y anti heroínas – amas de casa, prostitutas, locos, músicos, pintores… - presenta una marcada bulimia de arte. Buscan en él formas de evadirse y escapar de los sufrimientos de su existencia. Individuos al margen del poder, para los que el arte representa una forma de liberación, como ya se ha visto en tesis anteriores. Esta marginalidad se ve multiplicada cuando se trata de personajes gays, y sobre todo, de gays artistas. Así, la hipótesis central que pretendemos esclarecer es que esta relación entre marginalidad sexual y arte es una de las características, aunque no exclusiva, sí significativamente reiterada de las producciones clasificadas como gays. Dicho vínculo permitiría la construcción de un imaginario gay en el que el vacío referencial vital al que se ve confrontado el individuo en su crecimiento y desarrollo personal se suple a través de la asimilación y apropiación artística de todo un universo creativo proveniente de las más variadas fuentes, por un lado, y a través de una expresividad artística activa por el otro.

Concretamente, examinamos tres formas de ser gay y de ser artista. Así, nuestro primer personaje, François Villeneuve, cantautor de gran éxito, representa el héroe gay trágico, puesto que es víctima de la homofobia generalizada de principios de los años sesenta del siglo XX; homofobia que lo condena al ostracismo tras un coming out musical. El segundo, Jean-Marc, alter ego de Michel Tremblay, es el escritor gay de éxito, que puede vivir su homosexualidad sin grandes problemas, pero que no presenta ningún replanteamiento revolucionario ni en su forma de vivir ni en su arte. Será Édouard-la Duchesse de Langeais, vendedor de zapatos durante el día, travesti de los bajos fondos montrealeses por la noche, el primero que se atreve a desafiar las distinciones de género sexual, de género artístico y de clase social al autoproclamarse duquesa y erigirse en su propia obra de arte. Inspirado para su caracterización en una novela de Honoré de Balzac, este personaje del exceso teatral y de lo camp, es el arquetipo de la performance en su acepción butleriana, y ejemplificación de las teorías queer.

En resumen, describimos una evolución desde una representación de la "homosexualidad" más clásica, estereotipada y estabilizadora hasta llegar a una radical transcendencia de los géneros masculino y femenino en la figura del travestí, primer personaje queer de la obra tremblayana.

sábado, 6 de junio de 2015

#hemeroteca #mujeres | Jamais soumise: "Ce livre est un hommage aux femmes qui ont connu le mariage forcé"


Imagen: L'Express / Zohra K.
Jamais soumise: "Ce livre est un hommage aux femmes qui ont connu le mariage forcé"
Victor Garcia | L’Express, 2015-06-06

http://www.lexpress.fr/culture/livre/jamais-soumise-ce-livre-est-un-hommage-aux-femmes-qui-ont-connu-le-mariage-force_1686074.html

Dans "Jamais Soumise", Zohra K. raconte comment elle a été mariée de force, violée, battue et séquestrée pendant 20 ans en Algérie... Avant de réussir à s'enfuir pour retourner en France. Aujourd'hui, elle a pardonné à ses anciens bourreaux. L'Express l'a rencontrée.

Envoyée à 16 ans par ses parents en Algérie, mariée de force à un cousin éloigné cruel et barbare... Zohra K. a vécu un enfer. Séquestrée, isolée du monde, battue et violée, elle parvient finalement à s'échapper et sauve ses trois filles -elles aussi victimes de sévices- quatre ans plus tard. Une tragédie qu'elle raconte dans “Jamais soumise”.

L'Express a rencontré Zohra K., dans son appartement. À 53 ans, elle nous reçoit en souriant, même si se replonger dans les souvenirs de sa vie passée est loin d'être évident.

Dans votre livre, vous racontez vingt ans de sévices après que votre famille vous a envoyée en Algérie pour un mariage forcé. Vous dites aussi que des voisins savaient ce qu'il vous arrivait...

Nous avons d'abord vécu dans un village, en Kabylie. Ma belle-famille était haïe, isolée du reste du village. Les habitants connaissaient la maison comme celle "où les femmes et les enfants étaient sales, où ils avaient faim".

Ensuite, nous sommes partis en ville, dans une nouvelle maison. Des habitants ont su ce qu'il s'y passait sans vraiment savoir qui était victime. Je l'ai appris car un proche s'est marié à une femme de cette ville. Elle lui a dit qu'elle avait entendu l'histoire de cette maison, des cris qui s'en échappaient. En rencontrant mon frère, elle a appris qu'il s'agissait de moi. Et puis il y avait les médecins qui m'ont auscultée.

Mais personne n'a prévenu les autorités car il y a un principe de non-ingérence: chacun fait ce qu'il veut chez lui. Et la femme est considérée comme mineure par le Code de la famille algérien.

D'autres personnes vous ont aidée aussi...

Oui, c'était un coup de chance: la femme qui travaillait au consulat de France était liée à l'association Femmes solidaires. Sur place, quelqu'un d'autre m'est venu en aide, je l'appelle "Mon ombre", je préfère qu'elle reste anonyme, pour la protéger.

Vous écrivez que vous avez pardonné à votre "belle-famille"...

Je n'ai pas oublié, mais je pardonne. La haine ne sert à rien. Aujourd'hui, ils sont détruits, ils vivent dans le déshonneur. J'ai de la pitié pour eux. Pas de haine. À quoi ça sert de ne pas pardonner? Ils ont vécu les mêmes choses. C'est un cercle vicieux que j'ai brisé.

J'ai dit à mes trois filles: "Vous avez besoin d'un père pour grandir. J'ai insisté pour qu'elles y retournent, qu'elles se reconstruisent. Elles sont revenues pour lui pardonner.

Quand avez-vous décidé d'écrire Jamais Soumise?

En fait, dès que je suis arrivée à Alger, à 16 ans. C'est mon cousin Faudel* qui m'a proposé de parler des différences entre ma vie en France et celle en Algérie. L'idée ne m'a jamais quittée.

J'ai écrit le livre pour mes trois filles, pour moi, pour ma reconstruction. C'est aussi un hommage à toutes les autres femmes qui ont connu ça. J'en ai rencontré, là-bas. Envoyées de force parce qu'il y avait cette idée, après la guerre d'Algérie, que l'enfant ne devait pas prendre la nationalité française -la nationalité du colon- à ses 18 ans, vécue comme un déshonneur pour la famille.

Avez-vous gardé des séquelles de cette période?

Des séquelles physiques, oui. En rentrant en France, j'ai passé des radios et découvert que j'avais des os cassés, notamment la mâchoire.

Et psychologiquement...

Je n'en veux pas aux hommes en général mais, je me tiens éloignée d'eux. Je ne peux pas généraliser mon histoire à tous les hommes. Ce sont par exemple des hommes kabyles qui m'ont poussée à écrire. C'était vraiment cette famille qui était cruelle. Maintenant, j'ai envie de vivre, pour ici et aujourd'hui. Pour mes filles aussi, que j'ai pu éduquer.

Votre décrivez votre retour et celui de vos filles en France comme un retour à la liberté, mais accompagné d'un lot de complications.


J'ai dû tout apprendre. Prendre le bus, le métro, utiliser une carte bleue ou un téléphone portable. Une fois, j'ai fait le code sans mettre la carte... Comme je dis: "Je suis partie là-bas avec une machine à écrire, je suis revenue, il y avait des ordinateurs."

Quant à l'éducation de mes filles... Ça a été un très long travail. Quand elles sont arrivées, elles ne parlaient pas français, n'avaient pas de papiers. Aujourd'hui, les trois ont un boulot et un titre de séjour.

Cette histoire me permet de relativiser les problèmes des papiers, de l'argent. J'ai un titre de séjour de 10 ans qui se termine le 2 août. Mon prochain rendez-vous est le 21 août. Il va donc y avoir une période où je vais raser les murs. J'ai demandé des papiers français, mais les démarches sont au point mort. Pourtant je suis née en France quand l'Algérie était encore française. Je suis donc doublement française. Mais comme je suis partie avant mes 18 ans et que j'ai été mariée là-bas... J'ai été en situation irrégulière toute ma vie, à tous les niveaux.

Pourtant, vous travaillez et vous gagnez votre vie?

Je suis cuisinière en Corse, à Bastia, la moitié du temps. L'autre partie de l'année, je vis à Paris où j'expose mes toiles. Je peins depuis cinq ans mais j'ai toujours aimé dessiner, ça m'a aidée (sa prochaine exposition se tient ce jeudi 4 juin au Côté Parc Immobilier, dans le 10e arrondissement de Paris, NDLR)."

"Selon les normes de la société, je vis en dessous du seuil de pauvreté. Cela me fait sourire. Je sais que ma vraie richesse est d'être avec mes enfants. Et celle-là ne se calcule pas en chiffre", écrit Zohra dans Jamais Soumise.

DOCUMENTATION
Zohra: mariée de force, séquestrée, battue, violée, mais "Jamais soumise"
Victor Garcia | L’Express, 2015-06-03

http://www.lexpress.fr/culture/livre/zohra-mariee-de-force-sequestree-battue-violee-mais-jamais-soumise_1685478.html

jueves, 4 de junio de 2015

#hemerotheque #homophobie | Qui va sauver les homosexuels marocains?

Qui va sauver les homosexuels marocains?
Abdellah Taïa | Telquel, 2015-06-04

http://telquel.ma/2015/06/04/tribune-abdellah-taia-va-sauver-les-homosexuels-marocains_1450375

L’écrivain marocain Abdellah Taïa réagit à la condamnation de trois hommes à Taourirt à trois ans de prison pour homosexualité. Un cri du cœur pour défendre ceux qu’on oublie.

J’ai vu hier soir un film japonais sur l’esclavage, le chef-d’oeuvre “L’intendant Sansho” de Kenji Mizoguchi, où un père donne à son fils ce dernier conseil: «L’homme sans pitié est inhumain. Sois dur pour toi et généreux pour autrui.»

Bouleversé par ces mots simples et tellement justes, je n’ai pu m’empêcher de faire immédiatement le lien avec les trois hommes de Taourirt, cruellement condamnés il y a quelques jours à trois ans de prison (peine maximale) pour «homosexualité» et déjà oubliés par les Marocains. Certes la presse a évoqué leur histoire et Internet a impitoyablement relayé les photos humiliantes, dégradantes, de leur arrestation «en flagrant délit» par la police suite à une dénonciation. Mais depuis, rien. Les homosexuels marocains, ce n’est vraiment pas la priorité pour le pouvoir et les citoyens hétérosexuels de ce pays. C’est de leur faute, n’est-ce pas, «ces pédés» n’avaient qu’à se repentir, se soigner, s’abstenir, bien se cacher…

Cela fait au moins 10 ans que l’homosexualité est omniprésente dans les médias marocains, largement débattue. L’association LGBT Aswat ne cesse de lancer régulièrement et courageusement des initiatives pour demander sa dépénalisation. Les chanteurs ouvertement homosexuels Elton John, Mika et Ricky Martin ont été officiellement invités à se produire au festival Mawazine et leur concert transmis en direct sur 2M TV (*). Mais, malgré cela, l’homosexuel marocain, lui, n’existe toujours pas. Il ne doit surtout pas exister si ce n’est comme un criminel. Quand il habite à Taourirt, là-bas, si loin de Rabat et de Casablanca, son sort n’intéresse personne au Maroc. Qui connaît d’ailleurs l’existence de la ville de Taourirt? Qui jamais parle de Taourirt? Ca se trouve où déjà, ce bled?

Un sondage récent nous apprend que plus de 80% des Marocains se déclarent contre l’homosexualité. Ils assument franchement cette intolérance, cette discrimination, ce racisme : l’homophobie. Quand je lis cela, j’ai honte et j’ai envie de pleurer. Chialer. Tellement c’est insupportable!

Le Marocain est-il à ce point égoïste, insensible, cruel? Le malheur et l’injustice que subissent ses frères et sœurs (homosexuels ou pas) ne l’intéressent pas? Ne le concernent pas? Pourquoi cette indifférence, ce silence, cette terrifiante politique de l’autruche?

Pour justifier leur condamnation de l’homosexualité, certains (la plupart en fait) évoquent sans aucune nuance l’islam, le Coran, nos traditions. Nous sommes des Arabes, des musulmans, nous n’acceptons pas parmi nous les invertis, les pervers! A ceux-là, j’ai envie de répondre ceci: le Coran recommande le pardon, l’islam incite à ne jamais se hâter dans la condamnation de l’autre et nos traditions elles-mêmes ont un cœur tendre pour nous, tous, absolument tous!

Pourquoi alors persister au Maroc dans la cruauté? Pourquoi la peine maximale de trois ans au mécanicien de Taourirt et à ses deux amis? Il est vrai qu’ils n’ont pas la chance, eux, d’être de nationalité britannique comme l’homosexuel Ray Cole qui, arrêté à Marrakech fin 2014 avec un Marocain, a été emprisonné puis, suite aux pressions médiatiques de son pays, vite libéré. Il faudra que quelqu’un nous explique officiellement cette différence de traitement. Le Marocain homosexuel est-il plus coupable aux yeux de la justice qu’un Britannique homosexuel? Au second, on pardonne tout et sur le premier, on s’acharne sans relâche?

Tout cela est d’une tristesse absolue.

Si j’écris ce texte c’est parce que je me sens plus que solidaire avec le pauvre mécanicien de Taourirt et ses deux amis. Je pense à eux dans leur cellule en ce moment, à comment on les traite, à comment on les regarde. J’imagine tout, facilement. L’horreur. Et je ne cesse de me répéter que, malgré tout ce qu’on dira au Maroc, ils n’ont commis aucun crime. Ils essayaient juste de vivre, de voler un moment de liberté sexuelle que la société et l’État marocains leur interdisent officiellement. Mais où est ce Marocain, ou bien cette Marocaine, qui respecte intégralement tout ce que prévoient la religion et les lois du pays ? Est-ce qu’il/elle existe seulement? La réponse est évidente. Et pourtant, quand on est «attrapé» au Maroc, on est si seul: plus personne pour vous reconnaître, vous aider, se battre avec vous. Bien au contraire : c’est alors pour beaucoup de monde l’occasion rêvée pour exister en vous enfonçant. Pas de pitié. Pas de générosité. Une mauvaise foi schizophrénique en veux-tu, en voilà.

Les libertés individuelles n’existent pas au Maroc. Il n’y a pas de lois pour protéger les citoyens qui, eux, veulent se libérer des contraintes, des condamnations sociales et assumer leurs choix de vie. Vivre librement ne signifie pas vivre d’une manière sauvage. Cela veut juste dire s’engager dans la société, en étant sincèrement qui on est, cesser de perdre son énergie à vouloir toujours satisfaire des exigences et des traditions depuis longtemps obsolètes.

Quand est-ce qu’on va enfin comprendre dans ce pays qu’un Marocain libéré et épanoui travaillera mieux, pour lui et pour son groupe, pour la société, pour le monde ? Je ne suis sans doute ni le premier ni le dernier à poser cette question plus que légitime et qui attend toujours une réponse sérieuse, adulte, et non pas un rappel à l’ordre systématique.

Je suis écrivain. Je suis marocain. Je suis homosexuel. Et, sincèrement, j’en ai plus que marre de constater que même ceux qui d’habitude défendent la liberté avec vigueur ne sont jamais là pour soutenir les homosexuels marocains dans leur combat. Ils se dérobent, ils se cachent, après tout ce n’est pas leur problème… Ils ont peur d’être «salis», de perdre leur soit-disant crédibilité dans le milieu où ils évoluent. Il faut d’abord régler tant de questions ici avant d’aborder celle des homosexuels! Ce n’est pas encore le moment! Soyez patients! Etc. Un discours hypocrite tout prêt et resservi à chaque fois avec beaucoup d’aplomb.

Il n’y a pas si longtemps j’étais encore un adolescent homosexuel dans la ville de Salé livré quotidiennement aux mâles sexuellement frustrés du quartier, insulté, violé, battu, obligé de baisser continuellement la tête dans l’espoir qu’on me laisse tranquille. En vain. Tout le monde savait l’enfer qu’on m’obligeait à vivre. La violence inouïe. Personne ne m’a défendu. Personne. J’ai payé dans mon petit corps le prix des contradictions vertigineuses de ce pays. Ce qui m’est arrivé petit arrive aujourd’hui encore à beaucoup de jeunes Marocains homosexuels. Était-ce de ma faute? Est-ce de leur faute ? Et que fait l’État pour protéger ces enfants, ces adolescents?

L’homosexuel(le) n’est pas un monstre. Ce n’est pas une honte ni un malade. C’est un être humain. C’est ton enfant, ton frère, ta sœur, ton père, ta tante, ton voisin, ton ami(e), ton professeur, ta nièce, ton député, le mécanicien de ton bloc… Quelqu’un avec qui nous vivons tous et que nous tuons chaque jour un peu plus. Jusqu’à quand ces horreurs et cette inhumanité? Qui va sauver enfin les homosexuels marocains?

(*) Cette chronique a été écrite quelques jours avant la manifestation des Femen à Rabat et le concert de Placebo.

DOCUMENTATION
Deux gays s’embrassent devant la tour Hassan, Al Aoula les «out» dans son JT
Telquel, 2015-06-04

http://telquel.ma/2015/06/04/gays-sembrassent-devant-tour-hassan-al-aoula-les-out-jt_1450580
Aswat dénonce de nouveaux emprisonnements pour homosexualité
Telquel, 2015-05-05

http://telquel.ma/2015/05/05/aswat-denonce-nouveaux-emprisonnements-homosexualite_1444811

jueves, 16 de abril de 2015

#libros #fotografia | Les nuits de Place Blanche


Les nuits de Place Blanche / Christer Strömholm ; texto de Joakim Strömholm ; diseño de Silvia Rotllant
Barcelona : Fundació Foto Colectania, 2015 [04-16]
48 p.
ISBN 9788416282159 / 25 €

/ ES / CAT / EN / FR
/ Fotografía / Francia / Historia – Siglo XX / Marginalidad / París / Prostitución / Testimonios / Transexualidad / Transgénero

“Les nuits de Place Blanche” nos sumerge en la vida nocturna de París de los años 50 y 60, concretamente en la comunidad transexual del barrio cercano a la plaza Pigalle. Christer Strömholm, considerado el padre de la fotografía contemporánea en Suecia, retrata a los personajes de manera íntima y exuberante, ya sea en la calle o en las habitaciones de los hoteles donde residen. Para el autor, se trata de un trabajo sobre la libertad de cada uno para elegir su propia vida y su identidad que, con el tiempo, se ha convertido en un conjunto de recuerdos conmovedores de las debilidades y fortalezas del ser humano. En definitiva, se trata de una serie que destila fragilidad y belleza y que simboliza muy bien lo que para Strömholm significa trabajar con la fotografía: la posibilidad de ahondar en las grandes preguntas de la vida, como el amor, la muerte y la soledad humana.

DOCUMENTACIÓN
Les nuits de Place Blanche. Christer Strömholm
Blog Fundación Foto Colectania, 2015-04-22

https://fotocolectania.wordpress.com/2015/04/22/publicacion-de-les-nuits-de-place-blanche-christer-stromholm/
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Y TAMBIÉN…
La tentación de existir en colectania
Teo Camino | Lamono, 2015-04-23

http://lamonomagazine.com/review-la-tentacion-de-existir-en-colectania/#.VTt98WabTZs
Les nuits de Place Blanche. Christer Strömholm
Blog Fundación Foto Colectania, 2015-04-22

https://fotocolectania.wordpress.com/2015/04/22/publicacion-de-les-nuits-de-place-blanche-christer-stromholm/
Aquellas transexuales pioneras de los 50
Andrea Miotto | Shangay, 2015-04-21

http://shangay.com/aquellas-transexuales-pioneras-de-los-50
Exposición de Anders Petersen y Christer Strömholm
Blog Fundación Foto Colectania, 2015-04-16

https://fotocolectania.wordpress.com/2015/04/16/exposicion-de-anders-petersen-y-christer-stromholm/
La tentación de existir' llega a la Fundación Foto Colectania de Barcelona
Chueca, 2015-04-16

http://www.chueca.com/articulo/la-tentacion-de-existir-llega-a-la-fundacion-foto-colectania-de-barcelona
El "mundo marginal" llega a Foto Colectania con la exposición 'La tentación de existir'
Europa Press, 2015-04-15

http://www.europapress.es/catalunya/noticia-mundo-marginal-llega-foto-colectania-exposicion-tentacion-existir-20150415143208.html
Strömholm y Petersen, la tentación de existir
Hoyesarte, 2015-04-13

http://www.hoyesarte.com/evento/2015/04/stromholm-y-petersen-la-tentacion-de-existir/
Christer Strömholm y las amigas transgénero de la Plaza Blanche
Frako Ayapul | Fotofestín, 2014-06-25

http://fotofestin.com/christer-stromholm-y-las-amigas-transgenero-de-la-plaza-blanche/
Les amis de Place Blanche
Andy Basile, 2014-05-07

http://www.andybasileinsight.com/les-amis-de-place-blance/